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18.12.2011

Aux couleurs de l'hiver...

Non il ne s'agit pas des Carpathes, de la chaine des Sudètes ou des Appalaches mais de notre Pays viganais. Et montrant là une de ses facettes, d'après moi, la plus belle.

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08.12.2011

Molières-Cavaillac : Une journée citoyenne pour dépolluer l'Arre

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Il y a quelques semaines, les intempéries propulsaient part d'anciens déchets enterrés à l'époque de l'ancienne décharge dans l'Arre, causant une dramatique pollution aux plastiques de Molières-Cavaillac à Saint-Bauzille-de-Putois. Hier, une première journée citoyenne aura permis de commencer la collecte des déchets et, pour la communauté de communes, d'appréhender le temps qu'il lui faudra pour enrayer les conséquences d'un épisode cévenol particulièrement fâcheux.
Ils étaient une soixantaine de citoyens à s'être déplacés, samedi matin, sur les berges du principal cours d'eau du Pays viganais : L'Arre, qui occupe une place centrale sur le territoire et qui lui donne toute sa caractéristique en scindant son sol en deux massifs respectifs, l'un schisteux, l'autre calcaire. Mais, depuis peu, l'Arre qui délimite Causses et Cévennes et qui accompagne la vie de nombre de Cévenols n'est plus cette entité que l'on connaissait : il est défiguré par des tonnes de déchets qui jonchent ses berges et dont certains se sont perchés à quelques mètres de hauteur dans les branches qui le bordent. Citoyens, services intercommunaux et inter-communautaires (SYMTOMA) étaient sur place pour commencer le grand ménage.
Et cette opération ne sera pas que symbolique, loin de là, même si la masse de travail à fournir semble pour l'heure insurmontable. D'abord, pour la communauté de communes, la journée de samedi permettra de chiffrer en temps la mobilisation à fournir pour dépolluer la rivière. Ensuite, grâce à ses services techniques et administratifs, un plan d'ensemble aura pu être peaufiné concrètement. Plan qui nous aura été communiqué dans le détail.
Le président Canayer semble particulièrement attaché à la première phase du projet :« Nous avons mobilisé tous les services pour l'emploi et l'insertion du territoire pour embaucher en urgence une quinzaine de personnes qui vont nettoyer l'Arre à plein temps. » D'abord pour quinze jours, cette opération permettra de « savoir où on est » et ce qu'il reste à faire. Pour l'élu, également maire de la commune, il s'agit de « sortir par le haut d'une triste situation, en donnant un peu de travail à des citoyens défavorisés ».

La suite du projet de dépollution se déclinera en deux tranches supplémentaires : d'abord, d'ici peu, le service d'espaces verts des Établissements de La Tessonne (centre d'aide par le travail) sera dépêché pour un volume de 600 journées/hommes pour poursuivre la collecte des déchets. Habitués à ce travail, les équipes du CAT possèdent également un précieux équipement. Dans un même temps, une étude sera lancée en amont de futurs travaux d'aménagements pour éviter qu'à l'avenir un nouvel épisode cévenol sème autant la pagaille dans la si belle communauté du Pays de l'Arre.

La commission Cadre de Vie repense la vie de la commune

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Les récents événements liés aux intempéries ont permis de mettre en exergue les projets menés par la commission municipale Cadre de vie, conduite par l'adjoint au maire Christophe Lopez. La commission, qui lance une campagne d'aménagements des bords de l'Arre, dévoile également les plans d'une restructuration ambitieuse du quartier du Pont Vieux. Rencontre avec l'élu en charge.

« Pour ce qui est de l'Arre, nous sommes en attente des autorisations, » explique Christophe Lopez. L'enjeu est la réduction de la vulnérabilité des risques d'inondations, notamment au Petit Cavaillac, quartier d'Avèze dont les pieds trempent dans l'Arre. À cette heure les études ont été menées et les relevés topographiques effectués. Le dossier est mené en collaboration avec le Sivu Ganges - Le Vigan et s'attachera à l'aménagement des berges du Petit Cavaillac avant, d'ici les prochaines années, de penser et définir une protection individuelle des habitations dans le même quartier. « Je souhaite boucler ce projet avant la fin de notre mandat, » déclare M. Lopez.

Pour ce qui est du quartier du Pont Vieux, sans doute l'un des atouts principaux d'Avèze qui offre un espace naturel au bord de l'eau à ses citoyens et aux touristes, la commission municipale s'est attelée à un plan d'aménagement d'ensemble pour repenser l'usage même de cet espace. À l'avenir donc, un parking sera créé à l'entrée de la zone, à proximité de l'aire de camping-cars actuelle, pour que les véhicules ne pénètrent plus la zone. Après la réfection des sanitaires du camping, le stade actuel deviendrait un espace ouvert et éclairé, destiné par exemple à accueillir des foires ou des manifestations de divertissement. « Nous voudrions faire en sorte que ce lieu soit exploité et utilisé douze mois plutôt que deux et demi, comme c'est le cas aujourd'hui ».

Le stade appelé « annexe » sera mieux éclairé et un parking y sera jouxté sous la déviation. En définitive, le parking actuel redeviendra un espace de loisirs et de bord de rivière, là où l'Arre, grossi de la Glèpe et du Coudoulous, se montre sous ses meilleurs atout. Christophe Lopez souhaite également faire participer la population en lui soumettant les plans de ce projet et en recueillant ses sentiments ou ses doléances. « Que tous ceux qui le souhaitent viennent me voir en mairie. »

Du lundi au jeudi, prendre rendez-vous avec l'élu au 04 67 81 64 93.

06.11.2011

Des sommets...

Le brouillard s'est levé et voici les cascades d'Aumessas. C'est la pluie du Lingas qui descend par là, donc, vu ce qui est tombé là-haut, elles risquent de couler pour longtemps. Je précise qu'elles étaient "à sec" il y a une semaine encore.

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05.11.2011

Ça continue...

Voyant une accalmie qui semblait durer un peu, ce matin, j'ai sauté sur l'occasion de parcourir la contrée pour faire quelques clichés des conséquences des intempéries.

Malheureusement pour moi, la décrue était déjà bien entamée, et mes photos seront donc moins spectaculaires qu'elles l'auraient été si j'étais sorti les faire la veille... La veille, pour être tout à fait franc, je décidai de ne pas mettre le nez dehors. Et on ne saura m'en tenir rigueur !

J'ai également profité de la situation pour joindre notre capitaine des pompiers sur son portable et lui demander un topo détaillé. Donc, selon Nicolas Coste, les deux derniers jours auront vu un surcroît d'activité pour sa brigade. On l'imaginera sans peine. En premier lieu, la mise en sécurité et l'étanchéité expresse de toitures malmenées. Ensuite, le déblaiement des routes, avec par exemple une intervention à hauteur du Mas neuf (vers Saint Julien) pour enlever un arbre qui aura paralysé la circulation deux heures durant.

Toujours selon le capitaine, "la pluie s'est arrêtée à temps, sans quoi les conséquences au Vigan auraient pu être terribles". Ne parlons pas trop tôt, ce samedi à 14h la pluie redoube d'intensité et le tonnerre gronde dans la vallée de l'Arre. Espérons que cela ne dure pas trop, étant donné — comme vous le verrez plus bas — que le lit des cours d'eau est déjà diablement grossi.

Pour ce tour d'horizon, commençons par l'Arre, en aval direct de la déchetterie de Molières-Cavaillac, où hier un glissement de terrain s'est produit.

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Le président de l'intercommunalité, monsieur Canayer, m'a informé ce matin qu'il avait du faire réparer la route en urgence (etps Triaire) pour permettre aux camions d'accèder à nouveau au quai de transfert. On voit sur la photo certains détritus "perchés" deux mètres environ au dessus du niveau de l'eau, encore assez élevé.

L'Arre toujours, au rond-point d'Avèze.

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Il est environ 11h. On voit que ce que l'on appelle couramment ici le "trou d'Alzon", à savoir la grande saignée de la vallée de l'Arre, est encore bouchée.

Ici, grossi de la Glèpe et du Coudoulous, l'Arre devient colossal (quartier du Pont Vieux à Avèze.)

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Plus bas, nous voici au Vigan. Le Vieux Pont semble serein, mais c'est plutôt l'Ecole de Musique qui semble menacée par le courant.

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Voici, à mon avis, la plus spectaculaire. Il s'agit de la jettée (dont j'ai oublié le nom) en amont du Pont de La Croix. Je m'en suis approché le plus possible et il s'agit d'un bouillon de tous les diables.

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Je surveillerai l'évolution durant les prochaines heures. Pour le moment, je dois avouer que je n'ai pas prévu de quitter le giron de mon poële.

Je n'ai pas de clichés de Valleraugue, où les pompiers du Vigan ont aidé une foule de commerçants assaillis par l'Hérault. Je n'ai pas non plus de photos de Vissec, ce qui est bien dommage puisque la Vis là haut a atteint un niveau que l'on ne voit qu'une fois tous les dix ans.

Si vous êtes amenés à sortir de chez vous et à pratiquer l'axe Le Vigan Millau (la 999), soyez prudents et ne manquez pas les reflux de la Tessonne, à hauteur de Bez notamment. Les cascades sont incroyables. Tout comme la chute d'eau au-dessus d'Aumessas.

23.10.2011

Les cafés occitans, pour développer la culture occitane

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C'est le pays de l'enfance, des conversations d'anciens écoutées à la dérobée, d'un territoire en filigrane, à demi enterré entre l'Italie, le sud de la France et l'Espagne. Ici en Cévennes, derrière le paysage, derrière chaque fenêtre, des rues animées du Vigan un jour de marché à l'étoupe muette d'un hameau reculé, elle est là. L'Occitanie. Étranglée dès le 18e siècle par le pouvoir central, son existence aujourd'hui ne tient qu'à la survie, rendue possible par une armée de soldats qui veillent à sa persévérance. Ce sont eux que nous avons rencontré.

Créé il y a trois ans, le café occitan réunit des hommes et des femmes de tout le Pays viganais : Aumessas, Arre, Bez, Montdardier, Rogues, Le Vigan... Au total une quarantaine d'occitanistes qui se retrouvent une fois par mois pour faire vivre ce qu'ils partagent, la langue. Ce mois-ci ils se trouvaient à Aumessas, le mois prochain ils seront probablement à Madières. Entre eux, il est question de musique et de chansons traditionnelles, de sujets de conversations aussi culinaires que culturels. Chacun participant aux cafés pour des raisons personnelles.

Certains sont clairement bilingues français/occitan. D'autres sont là pour pratiquer, pour apprendre, d'autres encore ne sont motivés que par le désir de retrouver ces sonorités si particulières, si chères à leur mémoire. Mais, en y réfléchissant, l'occitan apparaît plus comme un vecteur que comme une fin en soi : la langue sert à véhiculer, à ressusciter un mode de vie profond, enraciné dans les êtres et les choses et qui, grâce à un parlé si riche en images, prend soudain forme en une identité qui semble irrépressible.

« Ce n'est pas un repli sur soi, explique Nadine Baumier, l'animatrice du café. L'intérêt des cafés occitans est de développer une culture pour la faire partager au plus grand nombre. » Et qui, appartenant à ce qu'on nomme couramment le Grand Sud, ne pourrait pas s'en réclamer ? Il y a là une opposition, ou du moins un refus d'un monde formalisé, monotone et « préfabriqué ». Cette Occitanie, c'est aussi une façon de se nourrir, de boire, de vivre et travailler, de mener une existence en harmonie avec le long cheminement des ancêtres et leur imbrication et leur assimilation à une terre.

Soudain une question souligne les « transversalités » qui existent entre les deux langues parlées en Cévennes : comment se fait-il que castagne (châtaigne) signifie à la fois le fruit et la bagarre ? Jean Guers, en fin linguiste, explique : « Vous ne vous êtes jamais reçu une castagne sur la tête en allant vous promener ? Ça fait mal quand ça tombe de haut. De ce fait, la castagne signifie premièrement un « gnon », avant de s'étendre à la  « rixe ». On ne meurt pas d'une castagne reçue sur la tête, c'est pour ça que si on se prend une rouste on dit j'ai reçu une castagne et non pas une cougourde (citrouille). »

On dit « Au commencement était le verbe... ». Parce que le mot est là, avant l'idée, et parce que la langue guide les pas de l'esprit et non l'inverse. Et c'est ce qui donne à la pratique de l'occitan tout son sens et son authenticité. Nous annonceront la date et le lieu du prochain café occitan en Pays viganais, ouvert à tous.

21.10.2011

Yves Jaffrennou publie un nouveau roman

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Le célèbre écrivain cévenol, à qui l'on doit également l'éducation littéraire de toute une génération de Viganais, publie « Native », un roman passionnant, léché et profond. Après les succès régionaux de ses précédents ouvrages (on retiendra particulièrement le recueil de nouvelles « La Guerre de Titi »), Jaffrennou connaît avec Native un retentissement nouveau, qui le mène d'ores et déjà à la capitale dans le très fermé cercle des auteurs respectés.

C'est au cours d'un voyage en Ecosse, en 2007, que l'auteur a débusqué le sujet de son roman. Dans la vallée recluse de Glen Coe, particulièrement sauvage, son périple l'aura mené au pied d'un domaine verdoyant et méticuleusement entretenu. Là un panneau indique « Domaine aménagé à la fin du XIXème siècle par Lord Strathcona pour que sa femme d'origine canadienne ne soit pas dépaysée. » De retour chez lui, près du clapot de la source Verdier, dans la vallée de la Glèpe, Jaffrennou se met en tête de découvrir l'histoire de ce mystérieux baron écossais.

Parti d'Ecosse sans un sou pour le Canada en 1838, Donald Smith, alors âgé de 18 ans, finira gouverneur de la Compagnie de la Baie d'Hudson en 1889. Il sera également élevé au rang de baron, sous le titre de Lord Strathcona après avoir créé la ligne ferroviaire reliant Québec à Vancouver. Richissime industriel, entrepreneur éclairé et homme de pouvoir, Strathcona menait une vie privée également peu conventionnelle. C'est cet aspect qui aura retenu l'attention de Jaffrennou : le puissant gouverneur de la Baie d'Hudson avait épousé une amérindienne, pour laquelle il allait ériger le domaine de Glen Coe.

C'est cette histoire que retrace « Native », un roman qui aura pris à son auteur un an et demi de travail pour suivre les traces d'un lord assez excentrique et résolument philanthrope.

Mais, loin du récit historique, « Native » pose les questions du monde ouvert du XXIème siècle : comment fait-on pour vivre ensemble quand on porte au plus profond de soi les valeurs de civilisations éloignées ? Comment appréhende-t-on ce qui nous est étranger ? Grâce à ses trois narrateurs, Jaffrennou tente de répondre à ces dilemmes foncièrement actuels alors qu'il met en scène une aventure humaine et historique captivante.

Après avoir visité le Québec pour, comme il dit, « visiter ces écrits à postériori », Jaffrennou a entamé une tournée promotionnelle autours de l'Hexagone. L'Apart Editions, qui a fait de lui le fleuron de sa branche dédiée au roman, l'a envoyé en Anjou avant de le préparer à la prochaine Comédie du livre de Montpellier (printemps prochain). D'ici là, samedi 22, Jaffrennou signera son livre à la librairie du Pouzadou du Vigan, entre 9h30 et 12h30, un passage obligé pour l'enseignant retraité du lycée André Chamson et la plume la plus lue de de côté-ci des montagnes.